soleil (i). C’était dans le sanctuaire domestique,consacré par la présence de cette Madone mira-culeuse, cpie se passaient, les événements les plusintéressants de sa vie, c’était là qu’elle éprouvait seslongues extases, c’était là qu’elle versait ses plusdouces prières et ses plus douces larmes; et quanddes persécutions brutales l’obligèrent à s’enfermerdans la tour de sa famille, cette image précieuse futla seule chose qu’elle voulut emporter de la maisonpaternelle.
L’histoire des saints est remplie de traits ana-logues, qui démontrent l’intime connexion quiexistait, dans les beaux siècles de la foi chrétienne,entre l’art et cet ordre de sentiments mystérieux,exaltés, qui donnent à Taine qui les éprouve unesorte d’avant-gout de la béatitude céleste. Si cetteexaltation, loin d’être chimérique dans son objetou déplorable dans ses conséquences, est au con-traire comme le sceau de prédestination dont Dieumarque provisoirement les plus privilégiés parmises élus sur la terre, il est certain que la peinturese trouve singulièrement ennoblie par son interven-tion dans cet ordre de phénomènes, qu’elle y paraîtvéritablement comme fille du ciel, et que c’est làseulement qu’elle est élevée à sa plus haute puis-sance.
Par une conséquence nécessaire, les artistes quiont le mieux compris ce genre de besoins, et qui
(1) Brcechi, Vite dei nanti Fiarentini, t. I, n. 20!i.