écOI.E MYSTIQUE.
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avait chassés, sur celle de la Madone, que les mainsprofanes des soldats français avaient vainementessayé d’arracher de son tabernacle de pierre; etcette dernière partie de son récit était plus forte-ment accentuée que les autres. Il y avait plus devingt-cinq ans qu’il vivait presque constammentseul sur cet espace si resserré; et quand nous luidemandâmes si cet isolement perpétuel ne l’at-tristait pas quelquefois, il nous répondit avec unsourire de confiance accompagné d’un geste très-expressif, en nous montrant la Madone, qu’ayanttoujours eu la Mère de Dieu près de lui, il n’avaitjamais senti sa solitude ; que le voisinage d’unetelle protectrice suffisait pour le rendre heureux,et que l’entretien de la lampe et le renouvel-lement des fleurs faisaient sa plus douce occupation.
Assurément ce n’était pas l’œuvre d’art en elle-même qui charmait les ennuis de son exil volon-taire, mais elle était nécessaire pour entretenir enlui ce mouvement de poésie intérieure, qui est leprivilège le plus enviable des âmes simples etpieuses. Un trait analogue se trouve dans l’histoirede la bienheureuse Umiliana, nourrissant sa dévo-tion particulière pour la sainte Vierge par la vue<l’une image qui aidait aux sublimes élans de soncœur, et devant laquelle elle entretenait une lampequi ne s’éteignait jamais sans qu’elle fût rallumée,soit par un ange, soit par une colombe qui portaitdans son bec une rose resplendissante comme le