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l’art chrétien.
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toute l'étendue de son acception, n’aurait à craindrequ’un seul danger, analogue à celui auquel sontexposés les partisans trop exclusifs des lectures mys-tiques ; il courrait risque de sacrifier les autreséléments de l’histoire de l’art, afin de respirer plusà loisir le parfum si suave et, si prodigieusement;varié des dévotions populaires. Un précieux sou-venir que j’ai emporté d’une de mes excursionsdans les lagunes de Venise, m’est une preuve del’importance que peut avoir ce genre d’observations.Nous allions visiter les ruines de Torcello, par unebelle matinée de printemps, quand, en débouchantdu canal qui traverse Murano dans toute sa lon-gueur, nous aperçûmes une petite île couverted’arbres en fleurs, derrière lesquels était cachéeune très-rnodeste chaumière que nous découvrîmesbientôt. Près de l’endroit où aborda notre gondole,nous aperçûmes une Madone sculptée dans le mur,avec une lampe qui brûlait devant elle, des fleursfraîchement cueillies, et une bourse attachée à unelongue perche pour recueillir l’aumône des pê-cheurs et des gondoliers. En débarquant pour visi-ter le jardin, nous trouvâmes un vieillard assis surle seuil de la porte, et la douceur de son accent,jointe à la sérénité de son noble visage, nous ayantencouragés à l’interroger sur le genre de vie qu’ilmenait dans cette solitude, nous apprîmes de luiles détails les plus intéressants sur sa propre his-toire, sur celle de son île, jadis occupée par desmoines franciscains que l’invasion étrangère en
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