234
L ART CHRETIEN.
ce qu’on a pu remarquer de faible ou de défectueuxdans les deux grandes compositions de Pérugin. Lefait est qu’il est très-difficile d’y distinguer la partrespective de chacun des artistes que je viens denommer. Il est même impossible de se préoccuperde cette distinction, en présence des deux fresquesqui furent le produit de cette collaboration. Cellequi représente le Baptême de Notre-Seigneur dansle Jourdain, est un assemblage parfaitement ordonnéde tous les détails pittoresques qui peuvent ajouterà la beauté du paysage qui sert de fond, sans ren-dre le sujet principal moins saillant. Cette végéta-tion si fraîche et si variée, ce fleuve qui serpenteentre des montagnes et va se perdre dans un loin-tain vaporeux, cette belle ruine, qui semble imitéedu Colisée, cet arc de triomphe au milieu des arbres,cet autre édifice qui ressemble un peu au Panthéon,tout cela révèle hautement le peintre poète, à l’en-thousiasme duquel les belles productions de la na-ture et celles de l’art avaient également des droits.L’image de ses montagnes natales s’associant auximpressions que la première vue des monuments deBorne faisait nécessairement sur lui, il avait besoinde ne pas les séparer, et voilà pourquoi il y a tantde choses dans le tableau du Baptême de Noire-Sei-gneur. Celui où saint Pierre reçoit les clefs, em-
quents. Il avait passé sa jeunesse chez les Camaldules de Sainte-Marisdes Anges à Florence, et c’était là qu’il avait acquis sa célébrité dansl’art de la miniature.