l’art chrétien.
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rence. Les deux autres compositions annoncent unprogrès très-marqué, non-seulement pour la toucheet le style, mais aussi pour cet accent pathétiquequi est un des caractères distinctifs de l’école Om-brienne. La prière du Christ dans le jardin des Oli-viers se fait encore admirer sous ce rapport, malgréles atteintes qu’une lourde main a portées à la finessedes contours. Quant à la Déposition de croix, onpeut la regarder comme l’oeuvre capitale de l’artisteclans cette première partie de sa carrière, et commele produit de l’émulation que dut lui inspirer uncollaborateur comme Domenico Ghirlandaio. Aussifut-il obligé de la reproduire pour satisfaire l’em-pressement de ses admirateurs, et ce fut là que com-mença, pour Pérugin , ce genre de popularité dan-gereuse que nul n’obtint au même degré et dont nuln’abusa autant que lui (i).
Pendant ce premier séjour à Florence, que jesuppose avoir duré jusque vers l’an i483, il avaitfait des acquisitions précieuses, et pour son art etpour son cœur. Il avait trouvé, chez André Veroc-chio, des condisciples déjà formés sous sa discipline,et les sympathies dont il fut bientôt l’objet, n’avaientpas tourné seulement au profit de son talent; ce futalors que se forma, entre Léonard et lui, cette amitiéchantée par le père de Raphaël, dans le poème que
(1) Ces deux tableaux font aujourd’hui partie de la collection del’Académie des beaux-arts. La copie ou plutôt la réplique dont il estici question et qui différait un peu de l’original, était autrefois dansla galerie d'Orléans d’où elle a passé en Angleterre.