228
l’art chrétien.
établie à Florence, pour qu’on le chargeât de peindrela façade du palais de la Seigneurie (1), dans letemps où l’école de Lippi et d’André Yerocchio four-nissait. des artistes si dignes de remplir cette tâchepatriotique. Il avait donc dû conquérir, par destravaux antérieurs, l’estime et même l’admiration deses nouveaux patrons, et ces travaux ne pouvaientêtre que ceux exécutés par lui pour les frères Gé-suates (2), et qui furent pour la plupart enveloppésdans la ruine de l’église et du couvent, à l’époquedu siège de Florence, en 162g. Outre les tableauxd’autel, qui ont heureusement échappé à la destruc-tion, il y avait, sur les murs des deux cloîtres, degrandes peintures à fresque où l’artiste, sans com-promettre en rien ses inspirations Ombriennes, avaitmontré les progrès qu’il venait de faire dans unedirection nouvelle, sous les auspices d’André Veroc-cliio dont on voyait le portrait dans la principalecomposition qui représentait l’Adoration des Mages.On aurait dit qu’il voulait se dédommager de l’es-pèce d’interdiction dont cette branche de l’art sem-blait être frappée à Pérouse ; car il mit dans toutesces fresques autant de portraits qu’elles en pouvaientcontenir, sans offusquer le sujet principal. On admi-rait, par-dessus tout, la tète du Prieur, et l’on disaitque c’était l’ouvrage le plus parfait qui fût sorti
(■I) Gaye, vol. I, p. 558. Cette peinture ne fut point exécutée.
(2) L’ordre des Pauvres du Christ, appelés plus tard les Gésuates deSaint-Jérôme par Alexandre VI, fut fondé en 1360 par le D. Giov.Colombini, noble Siennois, et supprimé en 1GC8 par le pape Clément IX.