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2 (1861)
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lart chrétien.

les bannières (i), soit même sur la place publique, il lui arriva de peindre cette Madonna déliaLuce à laquelle, daprès la légende populaire, unblasphème proféré devant elle fit tenir les yeuxfermés pendant quatre jours, et qui, devenue, parsuite de ce miracle, loccasion dexpiations solen-nelles et de prédications émouvantes, fut transférée,en 1 5 1 8, dans une petite chapelle dun goût exquis,dont la construction fut entièrement défrayée parles offrandes populaires.

Si cette période ne fut pas celle qui vit éclore seschefs-dœuvre les plus renommés, cest celle sonpinceau, devenant chaque jour plus ferme et plussuave, offrit à la dévotion des fidèles linterprétationla plus sympathique, et jajouterai, en dépit deYasari, la plus désintéressée. Cétait souvent enguise daumône ou de spéculation spirituelle surles prières publiques, quil peignait une Madone decarrefour ou un étendard de confrérie. Ce fut ainsiquil décora gratuitement de magnifiques peinturesà fresque tout lintérieur dun oratoire annexé à laconfrérie de Santa-Maria dei Bianchi, et qui se trou-vait situé vis-à-vis de sa maison (a). Quelquefois ilallait au-devant du vœu bien connu de ses conci-

(1) Outre la fresque de Sainte-Agnès, il y a, dans le même couvent,et de la même main, une charmante Madone, peinte sur toile et duncoloris fort altéré, qui a évidemment servi de bannière. On peut affir-mer la même chose dun autre tableau de Pérugin dans la confrériede Saint-Bernardin.

(2) Mariotti, Lettere Perugine. Ces peintures, ainsi que loratoire,ont été détruits depuis longtemps.