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l’art chrétien.
les bannières (i), soit même sur la place publique,où il lui arriva de peindre cette Madonna déliaLuce à laquelle, d’après la légende populaire, unblasphème proféré devant elle fit tenir les yeuxfermés pendant quatre jours, et qui, devenue, parsuite de ce miracle, l’occasion d’expiations solen-nelles et de prédications émouvantes, fut transférée,en 1 5 1 8, dans une petite chapelle d’un goût exquis,dont la construction fut entièrement défrayée parles offrandes populaires.
Si cette période ne fut pas celle qui vit éclore seschefs-d’œuvre les plus renommés, c’est celle où sonpinceau, devenant chaque jour plus ferme et plussuave, offrit à la dévotion des fidèles l’interprétationla plus sympathique, et j’ajouterai, en dépit deYasari, la plus désintéressée. C’était souvent enguise d’aumône ou de spéculation spirituelle surles prières publiques, qu’il peignait une Madone decarrefour ou un étendard de confrérie. Ce fut ainsiqu’il décora gratuitement de magnifiques peinturesà fresque tout l’intérieur d’un oratoire annexé à laconfrérie de Santa-Maria dei Bianchi, et qui se trou-vait situé vis-à-vis de sa maison (a). Quelquefois ilallait au-devant du vœu bien connu de ses conci-
(1) Outre la fresque de Sainte-Agnès, il y a, dans le même couvent,et de la même main, une charmante Madone, peinte sur toile et d’uncoloris fort altéré, qui a évidemment servi de bannière. On peut affir-mer la même chose d’un autre tableau de Pérugin dans la confrériede Saint-Bernardin.
(2) Mariotti, Lettere Perugine. Ces peintures, ainsi que l’oratoire,ont été détruits depuis longtemps.