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l’art chrétien.
reconnaître une certaine imitation du coloris clairde Benozzo Gozzoli, et de la finesse d’expressionqu’il sait donner aux angles de la bouche. Pourjuger jusqu’à quel point Fiorenzo a pu préparer lesvoies à Pérugin, il suffit de voir, dans la sacristiede l’église des Franciscains, à Pérouse, un vieux ta-bleau mutilé, du premier de ces deux peintres, qu’onprendrait volontiers pour un ouvrage de la jeunessedu second, à cause du caractère tout Péruginesqueque présentent les petites figures accessoires et queprésentait aussi la figure centrale, avant qu’on eûtmis à sa place le buste hideux qu’on y voit encoreaujourd’hui. Quant à la bannière qu’il peignit, en.1476, pour l’église de San-Fiorenzo, son patron, ilest naturel de supposer que cette circonstance per-sonnelle, jointe à celle de la peste qui sévissait alorsplus que jamais, dut lui fournir des inspirationsdignes de son sujet et de la pieuse impatienceavec laquelle les œuvres de ce genre étaient atten-dues (1).
Rien n’empêche d’admettre que Buonfigli aurapartagé avec Fiorenzo la gloire de diriger les pre-miers essais de Pérugin, dont l’éducation artistiquedut coïncider avec la grande vogue qu’obtint lepremier de ces peintres. Deux faits suffisent pour
(■I) Un poème étrange, espèce d’allocution prophétique, dans legenre de celle de Jonas aux Ninivites, fut composé par Lorenzo Spi-riti, pour servir d’accompagnement à cette bannière :
0 popolo ostinalo, iniquo e rio,
Crudel, superbo, ingrato e pien d'inganno, etc.