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2 (1861)
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lart chrétien.

reconnaître une certaine imitation du coloris clairde Benozzo Gozzoli, et de la finesse dexpressionquil sait donner aux angles de la bouche. Pourjuger jusquà quel point Fiorenzo a pu préparer lesvoies à Pérugin, il suffit de voir, dans la sacristiede léglise des Franciscains, à Pérouse, un vieux ta-bleau mutilé, du premier de ces deux peintres, quonprendrait volontiers pour un ouvrage de la jeunessedu second, à cause du caractère tout Péruginesqueque présentent les petites figures accessoires et queprésentait aussi la figure centrale, avant quon eûtmis à sa place le buste hideux quon y voit encoreaujourdhui. Quant à la bannière quil peignit, en.1476, pour léglise de San-Fiorenzo, son patron, ilest naturel de supposer que cette circonstance per-sonnelle, jointe à celle de la peste qui sévissait alorsplus que jamais, dut lui fournir des inspirationsdignes de son sujet et de la pieuse impatienceavec laquelle les œuvres de ce genre étaient atten-dues (1).

Rien nempêche dadmettre que Buonfigli aurapartagé avec Fiorenzo la gloire de diriger les pre-miers essais de Pérugin, dont léducation artistiquedut coïncider avec la grande vogue quobtint lepremier de ces peintres. Deux faits suffisent pour

(I) Un poème étrange, espèce dallocution prophétique, dans legenre de celle de Jonas aux Ninivites, fut composé par Lorenzo Spi-riti, pour servir daccompagnement à cette bannière :

0 popolo ostinalo, iniquo e rio,

Crudel, superbo, ingrato e pien d'inganno, etc.