ÉCOLE OMBRIENNE.
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domaine étroit, mais sacré, de l’art Ombrien, quiaspirait instinctivement à se rendre l’auxiliaire dela prière et de la contemplation (i). Aussi porte-t-ilune empreinte ascétique qui le distingue des autresécoles. Il y a de longues périodes durant lesquellesil est comme absorbé par le culte de la Vierge et parcelui des Saints que la ville de Pérouse invoque plusparticulièrement dans les grandes calamités publi-ques. C’est alors qu’il fait briller, comme un pharedans la tempête, l’image consolatrice sur laquelledoivent se fixer les yeux de ceux qui souffrent etqui espèrent. En un mot, c’est alors que paraît laBANNIÈRE, ce produit spécial de l’écoleOmbrienne,qui est dans le domaine de l’art ce que l’hymne estdans le domaine de la poésie, et qu’on élevait entrele ciel et la terre comme pour porter vers Dieu lemagnifique témoignage du repentir populaire ; caril ne s’agit pas ici de bannières triomphantes à lasuite desquelles on entonne des hymnes de victoire,mais de bannières suppliantes qu’une foule pénitentesuivait en se frappant la poitrine et en criant Misé-ricorde ! A chaque nouvelle invasion de la peste, onélève ce signal de détresse que chaque générationd’artistes est obligée de renouveler, depuis Nelli quia vu les processions des pénitents blancs et le grandjubilé au commencement du siècle, jusqu’à Raphaël
(t ) Il ne peut être ici question que des tableaux exécutés en Om-brie; à Florence, Pérugin dut se conformer au goût public. L’écoleNaturaliste de Mantegna introduisit cet usage à Urbin et dans lesenvirons.