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2 (1861)
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ÉCOLE OMBRIENNE.

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domaine étroit, mais sacré, de lart Ombrien, quiaspirait instinctivement à se rendre lauxiliaire dela prière et de la contemplation (i). Aussi porte-t-ilune empreinte ascétique qui le distingue des autresécoles. Il y a de longues périodes durant lesquellesil est comme absorbé par le culte de la Vierge et parcelui des Saints que la ville de Pérouse invoque plusparticulièrement dans les grandes calamités publi-ques. Cest alors quil fait briller, comme un pharedans la tempête, limage consolatrice sur laquelledoivent se fixer les yeux de ceux qui souffrent etqui espèrent. En un mot, cest alors que paraît laBANNIÈRE, ce produit spécial de lécoleOmbrienne,qui est dans le domaine de lart ce que lhymne estdans le domaine de la poésie, et quon élevait entrele ciel et la terre comme pour porter vers Dieu lemagnifique témoignage du repentir populaire ; caril ne sagit pas ici de bannières triomphantes à lasuite desquelles on entonne des hymnes de victoire,mais de bannières suppliantes quune foule pénitentesuivait en se frappant la poitrine et en criant Misé-ricorde ! A chaque nouvelle invasion de la peste, onélève ce signal de détresse que chaque générationdartistes est obligée de renouveler, depuis Nelli quia vu les processions des pénitents blancs et le grandjubilé au commencement du siècle, jusquà Raphaël

(t ) Il ne peut être ici question que des tableaux exécutés en Om-brie; à Florence, Pérugin dut se conformer au goût public. LécoleNaturaliste de Mantegna introduisit cet usage à Urbin et dans lesenvirons.