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l’art chrétien.
ombrageux et fier semble avoir eu une répugnanceinvincible pour les apothéoses individuelles; et ilne paraît pas que ses magistrats, ses généraux et toutce qui composait son patriciat, aient jamais songease consoler de cette rigueur par l’érection de petitsmonuments domestiques ; car, dans cette cité, àmoitié républicaine, les bustes de famille furentaussi rares qu’ils furent communs à Florence, sousla domination des Médicis; et, malgré l’immensepopularité dont jouirent, à des titres différents,Braccio Baglioni et Marguerite de Monte-Sperello,je ne crois pas que le ciseau d’aucun sculpteur eûtété chargé de transmettre les traits de l’un ou del’autre à la postérité.
Cette même absence d’individualisme se retrouvedans les œuvres de peinture, et le portrait, cettebranche de l’art à laquelle les grandes et les petitesdynasties avaient donné tant de vogue au xv e siècle,semble n’avoir pas existé pour l’école Ombrienne.C’est à peine si l’on pourrait citer deux ou trois pro-duits de ce genre dans la longue carrière de Pérugin.Il est même rare que lui ou ses devanciers se soientpermis l’innocente introduction d’un donataire age-nouillé dans leurs compositions religieuses. Je nedirai pas qu’on peut appliquer la même remarqueaux compositions historiques, en tant qu’elles étaientdestinées à transmettre le souvenir d’événements oud’exploits contemporains ; car ce genre de représen-tation, si commun à Florence et à Venise, sembleavoir été exclu, au même titre que le portrait, du