éc.OLE OMBRIENNE.
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précieux butin au delà des monts; mais toujoursarrêté par des brouillards qui obscurcissaient sa vue,et par d’autres obstacles qui interceptaient sa route,il céda au bras invisible par ^lequel il se croyaitconduit, et vint à Pérouse prendre l’avis de BraccioBaglioni et des Prieurs, qui décidèrent unanime-ment que c’était un don du ciel, dont il ne fallaitse dessaisir à aucun prix. Chiusi était une petiteville sans moyens de défense, mais elle appartenaità la turbulente et ombrageuse république de Sienne,très-peu disposée à sacrifier les droits qu’elle croyaitavoir à la possession du trésor en litige. Elle envoyadonc des ambassadeurs chargés défaire à la fois desremontrances et des menaces; mais l’exaltation desesprits était parvenue à un degré qui excluait lescirconvolutions des procédés diplomatiques. Pourcouper court à toute contestation dont l’issue pour-rait contrarier le voeu populaire, on convoqua, sousla pression impérieuse de l’opinion publique, uneassemblée extraordinaire, où siégeaient, outre lecollège des Camerlingues, la majeure partie de lanoblesse et les bourgeois les plus notables, et làfut votée, avec un enthousiasme qu’on appelleraitaujourd’hui frénétique, une espèce de loi des sus-pects, dont les principales dispositions portaient :
i° Que l’anneau sacré ne sortirait jamais de laville de Pérouse ;
2° Que quiconque proposerait de le rendre, oude l’échanger, ou de l’aliéner de quelque manièreque ce fût, serait puni comme traître au troisième