204
l’art chrétien.
étendards, trophées de ses victoires. Mais ces tro-phées n’étaient rien à ses yeux, auprès de la con-quête qu’il fit dans ses vieux jours, en l’honneurde la Reine des Cieux, non pas la conquête d’uneville ou d’un territoire, mais d’un trésor auquel ilattachait plus de prix qu’à tous les drapeaux quifurent portés à ses funérailles. Ce trésor, qui fut lesujet des plus vives négociations diplomatiques, etpour la possession duquel toutes les classes decitoyens s’étaient passionnées au point de tout bra-ver, même les hasards de la guerre, plutôt que dele perdre; ce trésor, qui donna lieu aux délibéra-tions les plus animées dans les chapitres des cou-vents, dans les assemblées des Prieurs, et dans lecollège des Camerlingues, qui devint comme le Pal-ladium de la ville de Pérouse, pour lequel le vieuxBraccio Baglioni se déclarait prêt à sacrifier sesbiens, sa vie et même ses enfants; ce trésor quifaillit être le prix du sang des pieux et des braves,était un anneau qui, après avoir servi au mariagede la sainte Vierge, avait été transmis héréditaire-ment dans une famille juive qui s’était établie àRome, d’où il avait passé entre les mains d’un or-fèvre incrédule de Chiusi, dont l’incrédulité fut,d’après la légende, guérie par la résurrection deson propre fils. A dater de ce jour, l’anneau sa-cré fut déposé dans l’église de Santa-Mostiola, etmontré au peuple de Chiusi et des environs quatrefois par an. Un moine Allemand, appelé frère Winter,réussit a le voler en \lyj 4, et voulut emporter son