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quées, la plupart des représentations du mêmegenre dans l’école Ombrienne (i). Il ne tint pas àBraccio Baglioni que cette image vénérée ne fût pourtoujours à l’abri des injures des hommes et de cellesdu temps, car il fit construire pour elle, par deuxarchitectes des plus renommés en Lombardie (2),un petit temple octogone, dont on retrouve le dessindans certains opuscules architectoniques de Bra-mante, et qui, à une époque postérieure, quand lasymétrie l’emporta sur l’esthétique, fut stupidementsacrifié à un alignement tracé par un conseil mu-nicipal.
Mais c’était moins dans l’intérêt de l’art que poursatisfaire à la dévotion populaire et à la sienne,que Braccio Baglioni honorait ainsi l’image objetde son culte, et d’un culte auquel les circonstancesdonnèrent une teinte de plus en plus chevaleresque.Entre tous les ordres religieux qui formaient la po-pulation monacale de Pérouse, il préféra celui desServites, parce qu’ils s’intitulaient les serviteurs deMarie par excellence, Servi cli Maria , et leur église,située non loin de son palais, devint son église fa-vorite, celle où étaient suspendues les quarante-cinq
(1) Une Madone, encore plus populaire que celle de Braccio, setrouve peinte sur une des colonnes du Dôme de Pérouse. Il serait dif-ficile de décider à laquelle appartient la priorité de date. Dans les ar-chives de la chancellerie, il est fait mention d’une allocation de 25 flo-rins, en 1466, pour orner la colonne sur laquelle se trouvait tracéecette image (fol. 151).
(2) Pietro Lombardo et Martino Lombardo, qui ornèrent Venise detant de gracieux édifices vers la même époque.