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l’art chrétien.
demeure, et le laisser lui, tout souverain qu’il était,seul avec ses remords et ses larmes; enfin il lui fal-lut se faire absoudre par le successeur même desaint Pierre, qui était alors Pie II (i/jfii), et se sou-mettre, en guise de pénitence publique, à faire pen-dant huit jours, lentement et pieds nus, entre lesheures de noue et de vêpres, le trajet depuis sonpalais jusqu’aux églises de Saint-Dominique et deSaint-Pierre.
Ce moment fut le plus beau dans la vie de Brac-cio Baglioni, et un redoublement de piété et depopularité fut la récompense immédiate de cetteglorieuse humiliation. A dater de cette époque, ilmultiplia les fondations pieuses, non-seulement àPérouse, mais dans les villes environnantes, parti-culièrement à Assise et à Sainte-Marie-des-Anges, àcause de sa dévotion spéciale pour saint François.Par un privilège dont il n’y a pas un autre exempledans l’histoire des dynasties Italiennes, il y eut uneimage miraculeuse de la Vierge, que le peuple ap-pelait la Madonna di Braccio( i), et cette image ayantparu belle à tous ceux qui priaient devant elle, segrava dans l’imagination des artistes, comme untype qui pouvait les acheminer vers la beauté idéale.Ce fut là le modèle qui posa le plus souvent devanteux depuis le milieu du xv e siècle, et sur lequelse calquèrent, avec des variantes plus ou moins mar-
(1) La Madone qui se trouve aujourd’hui dans la chapelle de Brac-cio est d’une date postérieure.