ÉCOLE OMBRIENNE.
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se contenta de l’aimer, et laissa le soin de la chanterà son ami Campano, le futur évêque de Cortone,tour à tour poète gracieux et moniteur sévère, qui,après avoir fait les délices de sa petite cour, seposa un jour en face de lui, comme Nathan devantDavid, ou comme saint Ambroise devant Théodose.
C’était peu de temps après que Braccio Baglioni,non content d’étouffer dans le sang du coupable l’in-surrection tentée parPandolfo Baglioni, son cousin,avait ajouté au meurtre du père celui du fils inno-cent. Campano, arrivant de son diocèse à Pérouse,ne voulut pas aller embrasser son ami, avant quela tache sanglante fût effacée de son front. Ce nefut donc pas au palais Baglioni qu’il se renditd’abord, mais dans la maison où la famille dePan-dolfo portait le deuil de son chef. Plus la honte etle remords empêchaient Braccio de se présenterdevant les six enfants qu’il avait rendus orphelins,et plus il suppliait son ancien hôte, devenu sonjuge, de venir à lui et de ne pas rompre, outre lelien d’hospitalité, d’autres liens plus sacrés encore.Toutes ces supplications trouvèrent Campano inexo-rable. Au lieu d’une entrevue secrète et d’un par-don imploré devant quelques témoins, il fallut àBraccio paraître en coupable, d’abord dans uneéglise et puis sur la place publique; il lui fallut es-suyer les reproches les plus accablants, à la face duciel et des hommes, et, après avoir pleuré devantcette multitude muette d’admiration, il lui fallut lavoir accompagner le nouvel Ambroise jusqu’à sa