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2 (1861)
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lart chrétien.

le patronage des lettres, du moins dans celui desarts, est la dynastie des Baglioni, représentée, dansla période même qui vit la première floraison delécole Ombrienne, par un des caractères les plusaccomplis et en même temps les plus ignorés dontil soit fait mention dans les annales des cités Ita-liennes. Je veux parler de Braccio Baglioni, le grandcapitaine, le pénitent héroïque, lhumble et che-valeresque serviteur de la sainte Yierge, le défen-seur ardent des droits du Saint-Siège contre les fac-tions gibelines, le promoteur de tous les genres deprogrès, y compris ceux de la piété publique, lor-donnateur de toutes les fêtes propres à élever lesâmes ou à épanouir les imaginations, lami deslettres, quil cultiva pour elles-mêmes, bien plusque pour la vanité du patronage, et dans lintérêtdesquelles il voulut fixer à Pérouse les imprimeursambulants récemment arrivés dAllemagne; enfinladmirateur passionné du beau sous toutes lesformes, et non-seulement sous les formes plastiqueset pittoresques, mais aussi sous les formes vivantes;car, comme Pétrarque et dans les mêmes limites, ileut aussi sa Laure dans la belle Marguerite de Monte-Sperello, si gracieuse dans sa parure et dans sadanse, une Laure non moins pure, non moins chaste,non moins divinisée par son adorateur que celle dupoète Florentin. Il y eut cette différence quau lieuden faire lâme et lhéroïne de ses vers, Braccio Ba-glioni en fit lâme et lhéroïne de ses fêtes, et quaulieu de laimer et de la chanter comme Pétrarque, il