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l’art chrétien.
le patronage des lettres, du moins dans celui desarts, est la dynastie des Baglioni, représentée, dansla période même qui vit la première floraison del’école Ombrienne, par un des caractères les plusaccomplis et en même temps les plus ignorés dontil soit fait mention dans les annales des cités Ita-liennes. Je veux parler de Braccio Baglioni, le grandcapitaine, le pénitent héroïque, l’humble et che-valeresque serviteur de la sainte Yierge, le défen-seur ardent des droits du Saint-Siège contre les fac-tions gibelines, le promoteur de tous les genres deprogrès, y compris ceux de la piété publique, l’or-donnateur de toutes les fêtes propres à élever lesâmes ou à épanouir les imaginations, l’ami deslettres, qu’il cultiva pour elles-mêmes, bien plusque pour la vanité du patronage, et dans l’intérêtdesquelles il voulut fixer à Pérouse les imprimeursambulants récemment arrivés d’Allemagne; enfinl’admirateur passionné du beau sous toutes lesformes, et non-seulement sous les formes plastiqueset pittoresques, mais aussi sous les formes vivantes;car, comme Pétrarque et dans les mêmes limites, ileut aussi sa Laure dans la belle Marguerite de Monte-Sperello, si gracieuse dans sa parure et dans sadanse, une Laure non moins pure, non moins chaste,non moins divinisée par son adorateur que celle dupoète Florentin. Il y eut cette différence qu’au lieud’en faire l’âme et l’héroïne de ses vers, Braccio Ba-glioni en fit l’âme et l’héroïne de ses fêtes, et qu’aulieu de l’aimer et de la chanter comme Pétrarque, il