l’art chrétien.
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Cette collection dont parle Michel-Ange, dansla lettre très-curieuse à laquelle nous empruntonstous ces détails, était probablement le premiernoyau de celle que trouva Jules II, en prenant pos-session du palais pontifical ; et, comme les fouillesordonnées par lui, dans les thermes et dans lestemples de la Rome impériale, furent encore plusproductives que celles des règnes précédents, il ré-solut de placer tous ces trésors plastiques à côtédes trésors littéraires recueillis à si grands frais parNicolas Y. Voilà comment le même pontife à quiéchut la gloire d’être le patron de Raphaël, deMichel-Ange et de Rramante, eut encore celle d’êtrele véritable fondateur du musée du Vatican, devenu,sous ses successeurs, comme une vaste nécropolede l’art antique.
Cette fondation était le complément indispensablede la mission extraordinaire que la Papauté avait euà remplir depuis le commencement du xv e siècle, etqui, bien qu’étrangère à ses attributions spirituel-les, n’en forme pas moins une des plus intéressantesparties de son histoire. De toutes les puissanceschrétiennes qui se partagèrent, durant cette période,le gouvernement des peuples, elle fut la seule quiprit constamment son rôle au sérieux, et qui vit,dans la renaissance, quelque chose de plus qu’undilettantisme stérile qui se vantait d’éclairer lesesprits, et ne pouvait rien pour échauffer les âmes.Nicolas V aimait avec passion les chefs-d’œuvre dugénie Grec; mais, en même temps qu’il les faisait