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LA RENAISSANCE ET LA PAPAUTÉ. 143
traduire pour que son admiration fût partagée parle plus grand nombre de lecteurs possible, il faisaitappel à tous les nobles cœurs pour sauver les mal-heureux débris de la race Hellénique, et ses jouis-sances littéraires ne le consolaient pas des calamitésqui les accablaient. Il en était de même de Pie II,martyr, comme lui, de son zèle pour une cause quiétait, aux yeux de l’un et de l’autre, celle de la civi-lisation chrétienne. Que l’on compare cette sympa-thie pleine d’angoisse avec l’indifférence moqueusede ces banquiers Florentins qu’on appelle les Mé-dicis, qui croyaient avoir satisfait à leurs obligationsenvers le passé, le présent et l’avenir, quand ilsavaient fondé des Académies, et appris à leurs con-citoyens, devenus leurs sujets, à imiter, en languevulgaire, les chansons licencieuses et les bouffonne-ries des anciennes bacchanales! Il y avait, dans cecontraste, un salutaire avertissement pour les peu-ples, s’ils avaient su en profiter, et si ce mot vaguede renaissance , qui était alors dans toutes les bou-ches, n’avait pas agi comme un talisman sur lesesprits, en apparence les plus éclairés.
La voix des papes, impuissante à soulever leschrétiens contre les Turcs, ne le fut pas moins àcontenir le mouvement des intelligences dans dejustes limites. A l’avénement de Paul II, il fallut in-tenter un procès mystérieux à certains membres del’Académie romaine, surpris, disait-on, en flagranteapostasie; et une ligne de démarcation, souvent ar-bitraire, dut être tracée entre le domaine de la