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2 (1861)
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LA RENAISSANCE LT LA PAPAUTE.

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Cette manifestation, moitié patriotique et moitiépieuse (en prenant ce mot dans son antique accep-tion), offrait un contraste bien frappant avec lesémotions purement païennes de ceux qui ne voyaientquavec les yeux de la chair, et de la chair très-souvent corrompue, la résurrection des monumentsdu ciseau Grec ou Romain. Pour ces derniers, lavaleur historique ou symbolique nétait rien encomparaison des belles formes, et, sils avaient euà choisir entre la Minerve de Veüetri et la Vénus deMédicis, ils se seraient crus insultés par quiconqueaurait douté un instant de leur préférence. Ceschampions du sensualisme dans lart firent un sigrand nombre de prosélytes, vers la fin du xv°siècle, quils parvinrent à occuper peu à peu toutesles hautes positions et à trouver des patrons jusquedans le Sacré Collège. Parmi ceux qui se montrèrentle plus épris de ce quon appelait fort impropre-ment le beau idéal , se trouvait le cardinal RaphaëlRiario, dont nous avons déjà signalé les goûts ma-gnifiques, et qui eut le mérite dètre le premier pro-tecteur de Michel-Ange à Rome. Dès la premièreentrevue quil eut avec lui, il lui conseilla dallervoir une certaine collection de statues, qui devaitêtre assez considérable, puisque le jeune artiste mitun jour entier à la passer en revue; et ce ne futqua près lavoir interrogé sur limpression quilavait reçue, que le cardinal le chargea de sculpter,pour lui, une figure de grandeur naturelle, quinétait pas, sans doute, une figure de saint.