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l’art ciirétiejy.
beauté, ou, si on Vessayait, on risquerait de trouverle lecteur incrédule . En présence d un pareil pro-dige, l’imagination populaire ne pouvait pas resterinactive. U fallait nécessairement lui donner u nnom, et il fallait que ce nom fût illustre. Or, onsavait vaguement que Cicéron avait eu une fille,morte à la fleur de 1 âge, et qu’il en avait fait men-tion dans ses écrits. Il n’en fallut pas davantage pourfaire dire et répéter, d’un bout de la ville à l’autre,qu’on venait de découvrir le corps de la fille deCicéron. Ce fut comme une étincelle électrique quifit tressaillir, non-seulement les littérateurs et lessavants, mais encore les classes les plus infimes dela population, sans excepter les marchandes delégumes, qui avaient, pour ainsi dire, envahi laplace du Capitole. L’émotion causée par ce phéno-mène ne se borna pas à l’enceinte de Rome, et l’onvit arriver, au bout de quelques jours, des voya-geurs qui venaient exprès pour en repaître leursyeux, et même des artistes qui venaient pour enretracer l’image. Mais on ne jugea pas à propos delaisser durer trop longtemps l’agitation presque su-perstitieuse a laquelle cette découverte avait donnélieu ; et le corps, soustrait pendant la nuit à l’em-pressement des curieux, fut secrètement déposé dansune fosse dont on eut soin de ne laisser subsisteraucun vestige (i).
(1) Voir dans Muratori, tom. III, part, n, la chronique contempo-raine d’Infessura.