LA RENAISSANCE ET LA PAPAUTE.
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après avoir été fixée par Boniface VIII à l’ouver-ture de chaque siècle, devait avoir lieu désormaistous les vingt-cinq ans, pour donner à chaque gé-nération de fidèles les avantages spirituels attachés,dès l’origine, à cette solennité périodique.
Le nouveau Pontife, élu en 1471» n’avait, pourse préparer à cet événement, qui était encore Eu-ropéen, qu’un très-court espace de temps, et untrésor à peu près vide; et, à mesure qu’on parve-nait à le remplir par la création et la vente d’unemultitude de nouveaux offices, il fallait le vider en-core pour armer une flotte contre les Turcs, oupour payer chèrement des négociateurs auprès despuissances chrétiennes, ou bien encore pour satis-faire aux prodigalités fabuleuses du cardinal PierreIliario, qui trouvait moyen de dépenser en un anla somme énorme de 260,000 écus d’or (1).
Avec tant de besoins légitimes et illégitimes àsatisfaire, on a peine à comprendre comment lesfinances pontificales purent suffire à toutes lesdépenses qu’entraînaient les vastes desseins deSixte IV; car, outre les travaux de restaurationdont nous venons de parler, il méditait des travauxde construction plus dispendieux encore, et destravaux de décoration qui devaient surpasser, pourla magnificence et l’étendue, tout ce qui avait été
(I) Il n’avait que vingt-huit ans quand il mourut, en 147i, épuisé,selon les uns, empoisonné et universellement regretté, selon les au-tres. Cette dernière opinion est celle d’Infessura, chroniqueur contem-porain et peu ami de Sixte IV.