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l’art chrétien.
de Rome la digne capitale du monde chrétien.
Nous avons vu que Nicolas V avait commencéson œuvre par la restauration des monuments an-tiques, pour la plupart tombés en ruine, depuis latranslation du Saint-Siège à Avignon ; mais il nes’était pas aperçu, ou peut-être il n’avait pas voulus’apercevoir de la décadence de plusieurs édificesque de pieux souvenirs rendaient chers aux chré-tiens, et qui s’étaient écroulés, en tout ou en par-tie, depuis que les préoccupations et les dépensescausées par les invasions des Turcs, avaient empê-ché de songer même aux réparations les plus ur-gentes. Parmi ces édifices se trouvaient plusieurséglises dont la conservation n’intéressait pas moinsl’archéologue que le pèlerin. De ce nombre étaientles églises de Saint-Pierre-ès-Liens,de Sainte-Suzanne,'de Sainte-Balbine, de Saint-Marcellus, de Saint-Sauveur, et celle des Saints-Achille et Nérée, la plusintéressante de toutes. La basilique même de Saint-Pierre avait, besoin d’être étayée d’un côté par descontreforts, et celle de Saint-Jean-de-Latran, avecson vieux palais délabré, ne pouvait presque plusservir aux cérémonies religieuses.
La vue de toutes ces ruines, à moitié consom-mées, aurait suffi pour produire une forte impres-sion sur une âme aussi ardente que celle de Sixte IV;mais, outre l’intérêt de pieuse conservation, il yavait un autre motif qui stimulait son zèle et quiavait également stimulé celui de Nicolas V : c’étaitl’approche du grand jubilé, dont la célébration,