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l’art chrétien.
des lettrés, d’un bout à l’autre de l’Italie, les unspar leurs écrits, les autres par leurs mœurs, ou pardes manifestations non équivoques à l’article de lamort. Ce fut ainsi que mourut le savant secrétaire dela république Florentine, Carlo Marzuppini, dont onvoit le magnifique tombeau dans l’église de Santa-Croce, avec ceux de Machiavel et d’Alfieri (i). Lechanoine Politien était accusé d’avoir dit qu’il avaitlu la Bible une seule fois et qu’il n’avait jamais simal employé son temps (2). Bembo, qui fut depuiscardinal, craignait de compromettre, par cette lec-ture, la pureté de sa latinité cicéronienne. Son amiPomponace enseignait publiquement, à l’universitéde Bologne, que l’immortalité de l’âme était undogme pour le moins douteux, indirectement niépar Aristote, et inventé peut-être par la politiquedes gouvernements. On sait ce qui rendait si pi-quantes, pour les beaux esprits du temps, les poésiesdu chanoine Franco, du chanoine Berni et de tantd’autres doués du même genre de verve. On sait dequelle faveur jouissait, à la cour de Laurent leMagnifique, ce Louis Pulci, qui fut comme son bardefavori, et qui, dans plusieurs de ses compositions,tourne les choses saintes en ridicule, avec cette ironiesatanique dans laquelle il n’a guère été surpassé quepar Voltaire.
(1) Mazzuchelli, Scritl. italiani, tom. II, part. 11.
( 2 ) Semel perlegi librum ilium, et nunquàm pejus collocavi ullumtempus.