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LA RENAISSANCE ET LA PAPAUTÉ.
il est clair que la papauté, absorbée par des questionsqui intéressaient l’avenir de l’Eglise et de la chré-tienté tout entière, s’était laissé gagner de vitessepar ceux qui exploitaient la renaissance, tant ar-tistique que littéraire, dans un sens peu favorableaux véritables progrès de l’humanité, c’est-à-diredans un sens hostile aux articles les plus fondamen-taux de la foi chrétienne L’alarmé prise par Paul II,au début de son règne (1468), n’avait pas été tout àfait sans fondement, et cette académie Romaine qu’ilpersécuta comme coupable à la fois d’hérésie et decomplot, n’a été lavée que de la dernière de cesaccusations. La première reste tout entière, et nerepose pas seulement sur des imputations vagues oupuériles, comme celle d’avoir répudié les noms dessaints pour prendre des noms païens ou mêmeprofanes. Non, ce jeu était, pour certains membresplus avancés ou plus éclaù'és, le signe extérieurd’une apostasie latente qui éclatait parfois en pro-fessions d’épicuréisme ou d’autres doctrines dégra-dantes, très-voisines de celle-là. Ils disaient, parexemple, que le Christianisme était bien plutôtfondé sur l’astuce que sur des témoignages certains,et ils en concluaient qu’il était permis à chacun dejouir, suivant son gré, des plaisirs de la vie (i).Pour apprécier ces faits ou ces tendances, il faut serappeler le scandale que donnaient alors la plupart
(fcl?
Ilatio.
cos® P 11
(1) Michèle Canensio, cité par Tiraboschi, lom. VI, part, i,pag. § 1.