LA RENAISSANCE ET LA PAPAUTÉ.
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tificale, enfin comme l’introducteur de divertisse-ments de mauvais goût, pour amuser la populace,dont il voulait se concilier la faveur.
Quoi qu’il en soit de ces divers reproches, dontle rancunier biographe a chargé la mémoire dePaul II, il est certain qu’au point de vue esthé-tique, il ne s’éleva jamais à la hauteur de Nicolas V,ni même à celle de Pie II. Ce dernier avait suppriméles réjouissances du carnaval pour l’année 1464,cpii fut celle de sa mort. Son successeur se laissapersuader, l’année suivante, qu’un dédommagementétait dû à la populace, et il y eut pendant trois joursdes courses où figurèrent successivement des hom-mes de divers âges et des animaux de diverses es-pèces, puis des enfants couverts de houe, puis desjuifs bien repus, pour les rendre plus lourds;mais quelque innocentes que fussent ces bouf-fonneries , elles n’étaient propres ni à polir lesmœurs, ni à faire naître le goût des plaisirs déli-cats dans ceux qui en étaient témoins.
La seule chose où Paul II se montra, dans unecertaine mesure, l’émule de Nicolas Y et de Pie II,fut l’architecture. Cette émulation s’était emparée delui dès avant son élévation au souverain Pontificatet lui avait suggéré l’idée de se bâtir, auprès del’église de Saint-Marc, dont il était titulaire, unerésidence qui pût rivaliser avec le palais inachevédu Vatican. Comme représentant de la républiquede Venise dans le collège des cardinaux, il se croyaitdes droits à cette distinction. L’édifice est imposant