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l’art chrétien.
d’une pension cpie lui faisait le souverain Pontife.Elle avait voulu entrer à Rome, sans aucune pompe,et en simple habit de deuil ; mais Paul II, par res-pect pour son rang et pour ses malheurs, avait en-voyé à sa rencontre un cortège composé de cardi-naux, d’évêques, d’abbés et des plus illustres entreles citoyens Romains, à la suite desquels marchaientles femmes les plus distinguées de Rome, ayant àleur tête la sœur vénérée de Nicolas V (i).
Si l’on en croit un des biographes de Paul II, ilprit au sérieux, non-seulement son rôle de consola-teur et de médiateur, mais aussi celui de protecteurdes arts et des lettres (2), et il laissa, dans le palaisde Saint-Marc et dans plusieurs autres édificesconstruits, restaurés ou agrandis par lui, des té-moignages irrécusables de sa magnificence et deson goût.
L’autre biographe est bien plus sévère, et cettesévérité même n’a pas peu contribué au crédit dontil a joui dans les siècles postérieurs. Platina (c’estle nom de cet historien) nous présente Paul IIcomme un ennemi systématique de son prédéces-seur, comme un homme sans culture et sans éléva-tion d’esprit ou de cœur, comme un persécuteurbrutal des lettrés et des savants, que les bienfaits deNicolas V et de Pie II avaient attirés à la cour pon-
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(!) Infessura. Il paraîtrait, d’après Ciaconius, qu’elle fit une autreentrée en 1475.
(2) Quàm sit htterarum et litteratorum cultor, non facilè scripsero.Gasparus Veronensis dans Muratori, t. III, part, n, p. !042.