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l’art chrétien.
par ses dimensions et d’un style qui fait honneur àl’architecte qui le construisit (i). Rien n’est moinsfondé que l’accusation de vandalisme dont on apoursuivi sa mémoire ou plutôt celle de son patron ;car les blocs de travertin, employés à cette construc-tion, ne furent pas, comme on l’a souvent répété,tirés des murs du Colysée, mais d’une vigne voisine,où des matériaux, depuis longtemps entassés, ser-vaient de contrefort à la partie occidentale du mo-nument.
Paul II, devenu souverain Pontife, s’occupa, plusque son prédécesseur, de l’achèvement du palais deNicolas V au Vatican. La belle cour, connue sous lele nom de cour du pape Damase, avec ses trois étagessi simples dans leur décoration, fut entièrement sonouvrage. Seulement, il y avait, dans certains détailsd’ornementation, quelques traces de mauvais goûtqui ont disparu depuis et qui ne venaient ni de l’ar-chitecte ni des décorateurs. En général, Paul IIaimait plutôt la pompe que la grandeur, non-seule-ment dans les œuvres d’art, mais même dans les cé-rémonies religieuses. Plusieurs particularités trans-mises par ses biographes prouvent que ses artistes deprédilection n’étaient ni les peintres, ni les sculp-teurs, ni même les architectes, mais les orfèvres; etmême, dans les ouvrages d’orfèvrerie, ce n’était ni le
(I) Cet architecte ne fut point Giuliano da Maiano, comme le ditVasari, mais un certain Francesco, de Borgo-San-Sepolcro, qui setrouve désigné dans la chronique contemporaine de Gasparo Vero-nese. Voyez Muratori, t. III, part, ir, p. 1046.