LA RENAISSANCE ET LA PAPAUTE.
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<le Bohème et les dissensions intestines qui travail-laient en même temps la Hongrie, l’Allemagne,l’Angleterre, la France et l’Espagne, firent oublieraux princes de ces divers pays les obligations sacréesqu’ils avaient contractées séparément avec le Saint-Siège ; et les Turcs, ne rencontrant plus d’obstacleà leurs dévastations, plantèrent leur drapeau victo-rieux sur tout le littoral de l’Adriatique, depuis lapointe méridionale du Péloponnèse, jusqu’auxmontagnes de la Bosnie.
Tout ce que put faire Paul II, dénué des secourspromis par ses confédérés, fut de négocier encore,de prier et de menacer, non pas de sa vengeance,mais de celle du ciel. Il y avait matière aux remon-trances les plus pathétiques dans le spectacle qu’ilavait sous les yeux, à Rome, et qui était le contre-coup des calamités dont l’Orient était le théâtre. Laville se remplissait de réfugiés qui venaient lui de-mander un asile comme au père commun des fidèles,et, parmi ces réfugiés se trouvaient des personnagesdont la position présente offrait un douloureux con-traste avec leur grandeur passée. On y voyait Démé-trius, despote de Morée, le même qui avait apporté àRome la tête de saint André, et dont la rare beautédonna au pape l’idée de le faire servir de modèlepour une statue de l’apôtre saint Paul (i). On yvoyait la reine de Bosnie, dont: le mari avait étéégorgé par les Turcs, et qui était réduite à vivre
(I) Ciaconius, Yttœ Pontificum , t. II, p. 1076.