LA. RENAISSANCE ET LES MÉDICIS.
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traire par la fuite leurs enfants à la mort, se trou-vent placées avec eux entre les eaux d’un fleuve etle fer des bourreaux. Par un contraste qui reposel’âme délicieusement, ce fleuve, qui se prolongea perte de vue dans le lointain, coupe en deuxun ravissant paysage qui se termine par de bellescrêtes de montagnes et par un ciel admirable detransparence et de pureté. Ce tableau porte la datede 1488, et se trouve placé, pour l’époque de sonexécution, entre la fresque de la Trinité et celle deSanta-Maria-Novella, c’est-à-dire dans le temps oùl’auteur, ayant acquis la conscience de ses forces,disait à son frère David que, maintenant qu’il com-mençait à être initié aux secrets de son art, il re-grettait qu’on ne lui eût pas donné la circonférenceentière des murs de la ville à couvrir de peintureshistoriques.
Et cependant, ce n’est ni dans cette œuvre, toutadmirable qu’elle est, ni même dans celles dont ildécora la chapelle Sassetti et le chœur de Santa-Maria-Novella, qu’il a déployé, je ne dirai pas toutela richesse, mais toute la suavité de son pinceau.C’est dans l’église collégiale de San Gimignano qu’onpeut voir le parti qu’il était capable de tirer de cer-taines inspirations locales, sous l’empire desquellesil est à regretter qu’il n’ait pas été placé plus sou-vent. Là se trouve une petite chapelle construitepar Giuliano da Maiano, sculptée par son frèreBenedetto, et destinée à perpétuer la mémoire d’unejeune fille, invoquée dans le pays sous le nom de