LA RENAISSANCE ET LES MÉDICIS. 383
plusieurs années de suite, de 1481 à i485, à pein-dre les grandes figures historiques qui décorentla grande salle de l’horloge dans le Palazzo-Vec-chio. Celle de saint Zanobi, le patron de Florence,surpasse naturellement toutes les autres en dimen-sions et en majesté. Il est là comme le symbole dela religion nationale, et six hommes illustres, choisisdans l’histoire romaine, sont autant de symboles desvertus républicaines : ce sont Brutus, Scévola, Ca-mille, Décius, Scipion et Cicéron. L’occasion étaitbelle pour mettre en perspective quelques-uns desanciens édifices qui avaient frappé l’imagination del’artiste pendant son séjour à Rome; aussi n’a-t-ilpas manqué d’introduire dans sa composition tousles ornements d’architecture dont elle était suscep-tible, et particulièrement des arcs de triomphe, quisemblent avoir été la décoration favorite de Ghir-landaïo, car nous la retrouvons encore, mais plussignificative, dans le tableau qu’il fit immédiatementaprès pour la chapelle Sassetti, dans l’église de laTrinité, déjà si riche en chefs-d’œuvre (1). Ici l’arcde triomphe porte le nom du grand Pompée, etrappelle l’entrée de ce conquérant dans Jérusalemet l’établissement providentiel de la domination ro-maine en Judée. Tous les personnages du premierplan, à l’exception de l’enfant, sont des portraits;mais la touche en est si vigoureuse, toutes les par-
(1) Co tableau, daté de 1485, se trouve maintenant a 1 Academiedes beaux-arts.