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l’art chrétien.
digne de concourir à la décoration de la chapelleSixtine. S’il était permis de suppléer à son silencepar de timides conjectures, je dirais qu’avant d’êtreappelé à Rome avec Botticelli, Cosimo Rosselli,Pérugin et plusieurs autres, il avait déjà travaillé,avec ce dernier, dans le couvent des Gésuates, etque le charmant tableau qui a été récemment trans-porté de l’église délia Calza dans la galerie desUffizj, et qui était fait pour donner de lui les plusbelles espérances, contribua, plus que tout autrechose, à lui procurer cette distinction si encoura-geante.
Ce tableau diffère tellement de tous ceux qu’ilexécuta plus tard, qu’on serait tenté d’y voir unepremière manière , fruit d’un contact passager avecl’école Ombrienne. Les anges rappellent un peuceux de Benozzo Gozzoli, et le type de la Vierge estbien supérieur à celui qu’on trouve dans ses com-positions subséquentes. On peut en dire autant deson tableau de l’Annonciation, qui est dans le museede Naples, et qui semble annoncer un peintre au-quel les notions de l’idéal ne sont nullement étran-gères.
Le voyage à Rome fut un grand événement dansla vie de Ghirlandaïo, et il s’en ressentit pendanttout le reste de sa trop courte carrière. De retour àFlorence, il fut chargé d’une si grande quantité detravaux, qu’avec toute son activité, il pouvait àpeine y suffire. La république et les particidiersse disputaient son pinceau, lequel fut employé,