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1 (1861)
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371
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LA RENAISSANCE ET LES MÉDICIS.

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patriote athée, telle quelle est peinte dans le dixièmechant de lEnfer. Il na pas réussi de même dans leportrait dAcciaiuoü, hrave et pieux fondateur de laChartreuse de Florence, ni dans celui de Boccace,ni surtout dans celui de Dante, dont il pouvait com-prendre les rancunes beaucoup mieux que le génie.La seule figure vraiment grandiose qui soit sortiedu pinceau dAndrea del Castagno est celle de lareine Esther; encore a-t-il plus consulté son ima-gination que le récit biblique, en transformant cettelibératrice suppliante en libératrice impérieuse (i).

Cet artiste hypocrite, envieux, vindicatif, brutal,et tout aussi peu attrayant dans sa personne quedans ses oeuvres, eut cependant des élèves, parmilesquels il en est un, nommé Piero Pollaiulo, quise montra scrupuleusement fidèle à la manière durede son maître. Le plus grand inconvénient de cettepersistance servile, fut linfluence fâcheuse quelleexerça sur son frère Antonio qui, après sètre faitun nom par ses ouvrages dorfèvrerie religieuse,eut lincroyable fantaisie de renoncer à cette bran-che modeste de lart, pour courir les chances dunplus ambitieux apprentissage. A force de travaillerbeaucoup ensemble, les deux frères parvinrent àsidentifier si bien lun avec lautre, que les ouvragesquils exécutaient en commun semblaient être leproduit dun seul pinceau, je ne dirai pas dun

(1) Tous ces portraits, avec plusieurs autres, ont été transportésdans la galerie des Uffizj.