LA RENAISSANCE ET LES MÉDICIS.
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patriote athée, telle qu’elle est peinte dans le dixièmechant de l’Enfer. Il n’a pas réussi de même dans leportrait d’Acciaiuoü, hrave et pieux fondateur de laChartreuse de Florence, ni dans celui de Boccace,ni surtout dans celui de Dante, dont il pouvait com-prendre les rancunes beaucoup mieux que le génie.La seule figure vraiment grandiose qui soit sortiedu pinceau d’Andrea del Castagno est celle de lareine Esther; encore a-t-il plus consulté son ima-gination que le récit biblique, en transformant cettelibératrice suppliante en libératrice impérieuse (i).
Cet artiste hypocrite, envieux, vindicatif, brutal,et tout aussi peu attrayant dans sa personne quedans ses oeuvres, eut cependant des élèves, parmilesquels il en est un, nommé Piero Pollaiulo, quise montra scrupuleusement fidèle à la manière durede son maître. Le plus grand inconvénient de cettepersistance servile, fut l’influence fâcheuse qu’elleexerça sur son frère Antonio qui, après s’ètre faitun nom par ses ouvrages d’orfèvrerie religieuse,eut l’incroyable fantaisie de renoncer à cette bran-che modeste de l’art, pour courir les chances d’unplus ambitieux apprentissage. A force de travaillerbeaucoup ensemble, les deux frères parvinrent às’identifier si bien l’un avec l’autre, que les ouvragesqu’ils exécutaient en commun semblaient être leproduit d’un seul pinceau, je ne dirai pas d’un
(1) Tous ces portraits, avec plusieurs autres, ont été transportésdans la galerie des Uffizj.