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l’art chrétien.
seul génie, car ils n’en avaient ni l’un ni l’autre,comme on peut s’en convaincre par le tableau qu’ilspeignirent ensemble pour le cardinal de Portugal,dans une chapelle de l’église de San-Miniato, oùl’on voit encore aujourd’hui le magnifique tom-beau de ce prélat (i). Ce tableau, qui se trouvemaintenant dans la galerie des Uffizj, représentetrois saints debout, l’un à côté de l’autre, et si lesteintes en étaient plus livides, et les physionomiesun peu plus durement accentuées, on pourrait lesprendre pour une production d’Andrea delCastagno.On y remarque toutes les qualités qui le distinguent,vigueur de touche, science de dessin, contours éner-giquement rendus, mais pas l’ombre de sainteté nimême de distinction dans les types. le saint Sébas-tien qu’on voyait autrefois dans la chapelle Pucci,et qui a passé récemment dans la galerie nationalede Londres, a quelque chose de plus noble dansl’expression aussi bien que dans les traits, non pointpar l’effet d’une inspiration plus heureuse de la partde l’artiste, mais parce qu’il y a mis le portrait deGinô Capponi, qui valait mieux cpie les créationstriviales de sa propre imagination. Vasari, quisemble attribuer cette œuvre, éminemment Natura-liste, au seul Antonio, dit qu’il imitait la nature leplus qu'il pouvait, et il se récrie, avec un enthou-siasme puéril, sur le gonflement merveilleux des
(I) L’Annonciation, peinte à fresque sur le mur, et les quatreévangélistes de la voûte, sont également l’ouvrage des deux frères.