Druckschrift 
1 (1861)
Entstehung
Seite
368
Einzelbild herunterladen
 

368

lart chrétien.

lAcadémie des beaux-arts, et encore mieux dansles deux fresques du couvent de Santa-Maria-degli-Angeli, il peignit, dans deux endroits différents,le Christ en croix, entre la Vierge et saint Benoîtdun côté, saint Jean et saint Romuald de lautre.On ne peut imaginer, je ne dis pas seulement riende plus vulgaire, mais rien de plus hideux que laMère du Sauveur dans ces deux compositions ; lahusdu Naturalisme y est porté si loin, quune critiquetrop détaillée ressemblerait trop au blasphème. Il vasans dire que la tète du Christ, qui demandait de lanoblesse et de la suavité, nest guère plus satisfai-sante. Il ny a que celles des deux moines qui mé-ritent dattirer les regards, non pas quon y aper-çoive une ombre didéal ascétique; mais il y a dansle dessin, dans la touche et dans le caractère, quel-que chose qui explique un peu la vogue dont lar-tiste jouit si longtemps parmi ses contemporains.Une autre explication de ce phénomène, vraimentincroyable, nous est fournie par Vasari. Selon lui,le peintre dont nous parlons fut le premier de sontemps pour la science de la perspective et la har-diesse des raccourcis. Or, lenthousiasme du sièclepour ces parties accessoires de lart nétait pas en-core refroidi, et lon était sûr, en y excellant, de sefaire pardonner bien des choses. Jajouterais quonétait sûr de faire fortune, si lhistoire de Masaccionétait pour prouver le contraire. Andrea delCastagno était assurément bien loin de posséder seshautes qualités ; mais il avait pour lui la faveur de la