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l’art chrétien.
l’Académie des beaux-arts, et encore mieux dansles deux fresques du couvent de Santa-Maria-degli-Angeli, où il peignit, dans deux endroits différents,le Christ en croix, entre la Vierge et saint Benoîtd’un côté, saint Jean et saint Romuald de l’autre.On ne peut imaginer, je ne dis pas seulement riende plus vulgaire, mais rien de plus hideux que laMère du Sauveur dans ces deux compositions ; l’ahusdu Naturalisme y est porté si loin, qu’une critiquetrop détaillée ressemblerait trop au blasphème. Il vasans dire que la tète du Christ, qui demandait de lanoblesse et de la suavité, n’est guère plus satisfai-sante. Il n’y a que celles des deux moines qui mé-ritent d’attirer les regards, non pas qu’on y aper-çoive une ombre d’idéal ascétique; mais il y a dansle dessin, dans la touche et dans le caractère, quel-que chose qui explique un peu la vogue dont l’ar-tiste jouit si longtemps parmi ses contemporains.Une autre explication de ce phénomène, vraimentincroyable, nous est fournie par Vasari. Selon lui,le peintre dont nous parlons fut le premier de sontemps pour la science de la perspective et la har-diesse des raccourcis. Or, l’enthousiasme du sièclepour ces parties accessoires de l’art n’était pas en-core refroidi, et l’on était sûr, en y excellant, de sefaire pardonner bien des choses. J’ajouterais qu’onétait sûr de faire fortune, si l’histoire de Masaccion’était là pour prouver le contraire. Andrea delCastagno était assurément bien loin de posséder seshautes qualités ; mais il avait pour lui la faveur de la