LA RENAISSANCE ET LES MÉDICIS.
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Le sujet qu’Andrea del Castagno peignit dans cettechapelle, en partie à fresque et en partie à l’huile,lui convenait moins que tout autre : c’était l’histoirede la Vierge, depuis son enfance jusqu’à son as-somption; aussi, ce qu’on y admirait principale-ment, c’était un temple octogone isolé, décoré depilastres et de niches dans chacune desquelles oncroyait voir une statue de marbre, c’est-à-dire queles illusions de la perspective en faisaient le plusgrand charme. On admirait encore le raccourci decertains meubles, mais par-dessus tout la ressem-blance frappante d’une quantité de portraits pat-lesquels il avait remplacé les figures traditionnellesdes apôtres priant et pleurant ensemble, autour dulit de mort; et, comme il méditait dès lors soncrime, il avait eu l’impudence de s’y placer lui-même sous la figure de Judas Iscariote.
Le type ne pouvait être mieux choisi, et il fautlui savoir quelque gré de s’être rendu cette justice.U l’a reproduit approximativement, et sans cloute àson insu, dans plusieurs personnages de ses ta-bleaux, ce qui ne contribue pas peu à l’impressionde dégoût qu’ils produisent. De plus, il donne par-1 fois à ses chairs des teintes tellement livides, qu’onne sait plus à quelle race de la famille humaine sesfigures appartiennent, et, quand il veut exprimer ladouleur ou la pénitence, il les fait grimacer de tellesorte, qu’elles dégénèrent en véritables caricatures.C’est ce qu’on peut voir dans le saint Jérôme, lesaint Jean-Baptiste et la sainte Marie-Madeleine de