LA RENAISSANCE ET LES MEDICIS. 363
trouvant qu’entre elle et lui cette cérémonie étaitsuperflue.
Il faut observer que cette aventure scandaleuseavait lieu en i/|58, c’est-à-dire quand le héros ap-prochait de sa cinquantième année, et pendant qu’iltravaillait à sa grande fresque de la cathédrale dePrato. Une lettre écrite quelques jours après parJean de Médicis, prouve que la dynastie n’avait faitqu’en rire(i), et, si l’on voulait une preuve, encorepins convaincante de la tolérance philosophiquedont elle donnait l’exemple et peut-être le précepte,on la trouvera dans la fresque même dont je parle.Quoique ce soit une œuvre de décadence, on peutdire qu’elle est pleine de vie et que les qualités pit-toresques y abondent; mais on ne comprend pasque les magistrats de la ville, ou les dignitaires del’Église, ou, à leur défaut, la population elle-même,qui était une population chrétienne, aient souffertqu’on perpétuât le souvenir d’un scandale récent,dans une peinture journellement exposée aux re-gards des fidèles; car, dans les compartiments oùest représentée l’histoire de saint Jean-Baptiste,Hérodiade n’est autre que la belle Lucrezia, qui estreproduite jusqu’à trois fois, non moins gracieusedans sa parure que dans ses mouvements, dont lessouples ondulations sont rendues avec un art infini.A l’aide d’un effort d’imagination, l’on pourrait la
M) E cosi dello errore di Fra Fiiippo n’ aviamo riso un pezzo.(Gave, I, 180 .)