362 l’art chrétien.
cilier l’admiration de tous les membres de sa familleil voulait lui concilier celle du pape Eugène IV, au-quel il envoyait de petits chefs-d’œuvre, enfantés parcette forme céleste ; et sa femme, non moins épriseque lui, en envoyait jusque dans le désert des Ca-maldules. On peut voir dans la galerie des Uffizj unproduit curieux du pacte passé tacitement entre lepeintre et son patron; c’est un petit tableau de troisfigures seulement, où le petit saint Jean est un re-jeton assez vulgaire de la famille des Médicis, et laVierge un portrait nullement déguisé de la tropfameuse Lucrezia liuti.
Cette malheureuse victime d’une passion sans dé-licatesse faisait son noviciat dans le couvent deSainte-Marguerite, à Prato, quand Lippi, appelé parles religieuses pour faire le tableau du grand au-tel (i ), vit par hasard la jeune novice, et obtintqu’elle poserait devant lui pour fournir un modèlede Madone. En très-peu de temps, sa trame contrel’innocence de la pauvre fille fut si habilementourdie, qu’il parvint à l’enlever, comme elle allaità l’église pour voir la ceinture de 1a. sainte Vierge,qu’on exposait ce jour-là à la vénération des fidèles;et, quand le pape Eugène, pour pallier ce scandale,offrit de lui accorder une dispense pour épouserLucrezia, il ne daigna pas profiter de cette offre,
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(!) Ce tableau fait maintenant partie de la collection du Louvre;mais ta predella, qui est d’une rare finesse d’exécution, est restée àPrato.
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