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1 (1861)
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LA RENAISSANCE ET LES MÉDICIS.

sent ce merveilleux, mais prosaïque pinceau. Il nya rien didéal dans la tête du Père éternel, ni danscelle de la Vierge, qui est le plus souvent un por-trait dont la passion du moment déterminait lechoix ; et son impuissance est encore plus manifestedans ses anges, a têtes rondes, à costumes capri-cieux et à chevelures frisées : nul rayon de béati-tude céleste nillumine leurs visages; et, soit quilles place en groupes ou isolément, ils ont toujourslair dêtre pour dire ou faire quelque espièglerie.

Yasari, qui proclame Lippi premier peintre deson siècle, et qui ose faire de Michel-Ange, non-seu-lement son admirateur, mais son imitateur, sefforcedatténuer les désordres de son héros, en les plaçant,pour ainsi dire, sous le patronage de la famille desMédicis. Après lavoir représenté livré à des accèsde brutalité périodique, qui obligeaient à le tenirenfermé comme une bête sauvage, il ajoute que sonnoble patron, voyant quaucune barrière nétaitcapable de larrêter, prit le parti de le laisser faireet de se lattacher par des caresses, attendu, disait-il très-philosophiquement, que des génies d'une sirare excellence sont des formes célestes et non desbêtes de somme (i). Aussi Corne de Médicis entre-tenait-il et rémunérait-il de son mieux cette formecéleste ; il lui faisait peindre une Nativité pour lachapelle de son palais; et, non content de lui con-

tl) Dicendo Cosimo , che V eccellenze degli ingegni rari sono formeeclesti e non asini vetlurini. Yasari, Viia di Fra FUippo Lippu