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LA RENAISSANCE ET LES MÉDICIS.
sent ce merveilleux, mais prosaïque pinceau. Il n’ya rien d’idéal dans la tête du Père éternel, ni danscelle de la Vierge, qui est le plus souvent un por-trait dont la passion du moment déterminait lechoix ; et son impuissance est encore plus manifestedans ses anges, a têtes rondes, à costumes capri-cieux et à chevelures frisées : nul rayon de béati-tude céleste n’illumine leurs visages; et, soit qu’illes place en groupes ou isolément, ils ont toujoursl’air d’être là pour dire ou faire quelque espièglerie.
Yasari, qui proclame Lippi lè premier peintre deson siècle, et qui ose faire de Michel-Ange, non-seu-lement son admirateur, mais son imitateur, s’efforced’atténuer les désordres de son héros, en les plaçant,pour ainsi dire, sous le patronage de la famille desMédicis. Après l’avoir représenté livré à des accèsde brutalité périodique, qui obligeaient à le tenirenfermé comme une bête sauvage, il ajoute que sonnoble patron, voyant qu’aucune barrière n’étaitcapable de l’arrêter, prit le parti de le laisser faireet de se l’attacher par des caresses, attendu, disait-il très-philosophiquement, que des génies d'une sirare excellence sont des formes célestes et non desbêtes de somme (i). Aussi Corne de Médicis entre-tenait-il et rémunérait-il de son mieux cette formecéleste ; il lui faisait peindre une Nativité pour lachapelle de son palais; et, non content de lui con-
tl) Dicendo Cosimo , che V eccellenze degli ingegni rari sono formeeclesti e non asini vetlurini. Yasari, Viia di Fra FUippo Lippu