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l’art chrétien.
Aujourd’hui même ils n’ont pas cessé d’être la ma-tière de spéculations mercantiles, et l’on n’a plusbesoin devenir en Italie pour les connaître, vu quetoutes les principales galeries Européennes en sojitpourvues. Cet enthousiasme s’explique par je ne saisquelle combinaison de qualités originales et at-trayantes qui, sans subjuguer le cœur ni l’imagina-tion, produisent un effet analogue à celui d’uneopération magique. Au premier abord, avant queles impressions soient bien débrouillées, on croitvoir une composition mystique, dans le genre decelles de Fra Angelico; mais on ne tarde pas à sedétromper, quand on a regardé de près les phy-sionomies et les types. Ce désenchantement 11 emanque presque jamais d’avoir lieu, quand on setrouve en présence du grand tableau de l’Académiedes beaux-arts, qui passe pour le chef-d’œuvre deLippi, et qui fut exécuté par lui pour l’église deSaint-Ambroise, quand il était dans toute la forcede l’âge et du talent ( 144 1 )- 0° peut affirmer lamême chose de celui qui fait partie de la collec-tion du Louvre, et dont Domenico Veneziano disaitque, bien que l’artiste y travaillât jour et nuit, il luifaudrait cinq ans pour le terminer ^ 1 438) ( 1 ). Jecite à dessein ces deux œuvres capitales, non-seule-ment à cause de leurs dimensions, mais parce qu’ellesréunissent, à un très-haut degré, tous les genres demérite et tous les genres de faiblesse qui caractéri-
(1) Gave, Carteggio inedito, vol. I, p. 136.