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l’art chrétien.
la galerie des Uffizj, où la transparence des teintesle dispute à la finesse du modelé.
Ce ne fut point d’Antonello lui-même que Flo-rence reçut le procédé de la peinture à l’huile. Il yfut apporté par un peintre Vénitien qui avait étéson élève, et auquel il avait communiqué son secret,en échange des services gracieux qu’il en avaitreçus. Cet élève est connu dans l’histoire de l’écoleFlorentine sous le nom de Domenico Veneziano, etil n’en est point qui rappelle de plus tragiques sou-venirs ; mais avant de parler de ses travaux et ducrime dont il fut victime, il faut voir ce qu’étaientdevenues les traditions laissées par Masaccio et parles autres grands artistes qui avaient disparu de lascène, presque en même temps que lui.
On peut dire que le triomphe du Naturalisme n’a-vait jamais été si complet, grâce à la prédilection desMédicis pour les peintres qui se laissaient entraînerdans cette direction. Le naturalisme trivial avait euson champion dans Paolo Uecello, le naturalismehéroïque dans Victor Pisanello, le naturalisme clas-sique dans Masaccio. Maintenant c’était le natura-lisme gracieusement scandaleux de Fra FilippoI.ippi, qui emportait les suffrages des personnagesles plus influents, et qui donnait une occasion deplus à la dynastie régnante de montrer sa prédi-lection pour tout ce qui tendait à dépraver le goûtet les mœurs.
On sait que Fra Filippo Lippi était un pauvreorphelin, placé dès son enfance dans le couvent des