LA RENAISSANCE ET LES AIÉDICIS. 357
Carmes, à Florence, où Yasari nous dit qu’il étu-dia, très-jeune encore, les fresques de la chapelleBrancacci (i). Dès l’âge de dix-sept ans, il crutpouvoir se passer de maître; prématurément sti-mulé par son impétueuse imagination, que l’amourde l’art n’avait fait qu’enflammer davantage, il selança, sans autre ressource que son pinceau, dansune vie de périls et d’aventures inouïes, dont la plusromanesque fut sa captivité de dix-huit mois enBarbarie, où il avait été vendu par des corsaires;mais il trouva moyen de recouvrer sa liberté, enesquissant, avec du charbon, le portrait de sonmaître sur le mur de son cachot. Malheureusementil était réservé à des aventures encore plus éclatantes.
Il ne reste plus rien des ouvrages de sa premièrejeunesse, dans l’église ni dans le couvent des Carmesde Florence; mais je ne puis pas me persuader queleur perte soit très-regrettable, bien que Yasari nousdise, avec son exagération accoutumée, qu’on nepouvait pas‘s’empêcher de s’écrier en les voyant,que L'esprit de Masaccio était entré dans le corps deFra Filippo Lippi (a). Pour se faire une idée desa première manière, qui n’est autre chose qu unécho affaibli de celle de Masolino, il suffit de voir
(1; Le biographe commet ici une grossière erreur chronologique.Quand Masaccio peignait les fresques de la chapelle Brancacci, FraFilippo Lippi avait près de trente ans, et ses premiers travaux a\ aientdéjà dix ans de date.
(2) Lo spirito di Masaccio essere entrato nel corpo di Fra Filippo
Lippi.