LA RENAISSANCE ET LES MÉDICIS. 355
Ainsi qu’on devait s’y attendre, ce fut le Natura-lisme qui gagna le plus à ce nouveau perfection-nement, et c’est pour cela que les portraits, exécu-tés par son introducteur, surpassent tellement, envaleur et en nombre, ses tableaux religieux. Il seraitmême à désirer qu’Antonello ne se fût jamais essayédans ce dernier genre de compositions, auxquelles latournure peu poétique de son imagination le rendaitradicalement impropre. Si son biographe Vasari nenous disait pas l’ignoble motif qui lui fit préférerle séjour de Venise à tous les autres, nous serionstenté de croire, qu’il cherchait dans ce patriciat, siriche en grands citoyens, des types majestueux ouhéroïques pour son pinceau ; mais hélas! il y cher-chait tout simplement la facile satisfaction des pen-chants qui lui étaient communs avec son contem-porain Lippi (i). Aussi ne puis-je attacher qu’uneimportance médiocre, sous le rapport du sentiment,aux deux tableaux du musée de Berlin, représen-tant, l’un le Martyre de saint Sébastien, l’autre laVierge avec l’Enfant-Jésus, debout sur un tronçonde colonne ; au contraire, je signalerai comme devéritables chefs-d’œuvre le portrait de jeune hommequi se trouve dans la même collection, et celui de
cette époque, comme cela est prouvé par plusieurs documents incon-testables. Jean Van Eyck ne fit que perfectionner ce procédé, dont ons’était peu occupé avant lui. Voir, sur cette question, le Supplémentà la Vie d’Antonello da Messina, dans la nouvelle édition de Vasari.
(1 ) Per essere persona molto dedita ai piaceri e tutta venerea, siTisolvè abilar sempre in Vinezia. Vasari, Vit a di Anionello da Mes-sina.