LA RENAISSANCE ET LES MÉDICIS.
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Saint-Clément, à Rome, même dans l’état de déla-brement où elles sont aujourd’hui, prouvent que,dans cette direction, l’artiste aurait pu aller aussiloin que dans celle qu’il préféra plus tard. J’avoueque le contraste entre le style de ces peintures etle style des fresques de la chapelle des Carmes, àFlorence, est embarrassant pour ceux qui tiennentà l’unité d’inspiration, en matière d’art comme enmatière de conduite; mais ce n’est pas résoudre ladifficulté que d’attribuer gratuitement à une autremain l’ouvrage dont nous parlons, sans tenir comptedu témoignage positif de Vasari. Le rapproche-ment de certaines dates et de certaines circonstances,qu’on n’a pas assez remarquées, fournit une solu-tion plus simple. Masaccio ne fut pas l’élève deMasolino, qui était du même âge que lui (i ), maistrès-vraisemblablement de Gentile da Fabriano quiavait ouvert une école à Florence de 1421 à 1424?c’est-à-dire vers l’époque où Masaccio atteignait savingtième année (a). Cet apprentissage une fois re-connu, il faut admettre, comme conséquence né-cessaire, une influence, au moins indirecte, par FraAngelico, l’ami et le collaborateur de Gentile; il fautenfin renverser tout l’échafaudage chronologiquede Vasari, et placer les fresques de la chapelle desCarmes, non pas au commencement, mais à la fin
(1) Masaccio naquit en 1402, et Masolino en 1403.
(2) Amico Ricci, dans son ouvrage sur les peintures de la Marched Ancône, parlant de l’influence que Gentile da Fabriano exerça surMasaccio, s’appuie sur Lori : Memorie manoscritte di Fabriano.