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l’art chrétien.
surtout comme peintre d’animaux que Victor Pisa*nello se distinguait entre tous ses contemporains. Ilen plaçait dans toutes ses compositions, même danscelles qui s’y prêtaient le moins, et l’on voyait en-core, il y a cinquante ans, dans l’église de San-Fermo, à Vérone, les restes d’une Annonciation oùil y avait une multitude d’oiseaux qui semblaientplacés là pour accompagner de leur chant la Salu-tation angélique.
Si à cette prédilection pour ce qu’il y avait deplus noble et de plus gracieux dans la création ani-male, on joint la hardiesse des raccourcis, et, parconséquent, l’application plus ou moins savantedes lois de la perspective, on ne pourra pas s'em-pêcher de croire à une certaine influence exercéepar l’artiste Véronais sur l’artiste Florentin, c’est-à-dire sur Paolo Uccello (i), pendant le séjour pro-longé que le premier fit à Florence, à l’époque duconcile de i43q. Ce fut alors qu’il frappa la mé-daille de l’empereur Jean Paléologue et celles deplusieurs autres personnages qui assistèrent à cetteréunion solennelle. La préférence qu’il donna dèslors à cette branche de l’art, pour ainsi dire res-suscitée par lui, fut une bonne fortune pour lespeintres Naturalistes cpii, en lui empruntant les pro-fils de ses médailles, purent placer dans leurs ta-
it ) Il faut remarquer que Yictor Pisanello s’était fait une réputa-tion comme peintre longtemps avant Paolo Uccello, puisqu’il existaitun tableau de lui portant la date de 1406, époque à laquelle PaoloUccello n’avait pas encore dix ans.