LA. RENAISSANCE ET LES MÉDICIS.
335
comme un hors-d’œuvre dans la carrière de Dello,qui aima mieux exploiter le goût de plus en plusprononcé de ses concitoyens et de ses patrons poul-ies représentations Païennes et Mythologiques, dansl’intérieur des palais, sur les murs et les plafonds,sur les corniches et sur les meubles de toute espèce.Ce genre de luxe était devenu une véritable fureurchez ceux qui se laissaient dominer par ce qu’il yavait d’impur dans les monuments de la littératureclassique, çt chez ceux qui, sans les avoir étudiés,voulaient se montrer dignes de partager l’enthou-siasme général; de sorte que ce fut une mode reçuedans les riches maisons de Florence, de faire déco-rer de peintures élégantes, des coffres dans lesquel ron conservait ce que la famille possédait de plusprécieux. On en peignait ordinairement toutes lesfaces, et le plus souvent c’étaient des traits de l’his-toire profane, des chasses, des joutes, des aventuresamoureuses, ou des métamorphoses d’Ovide qui yétaient représentées. A force de s’exercer à ce genrede décoration, Dello acquit une supériorité qui ren-dait toute concurrence impossible, dès qu’il s’agis-sait de peindre les petites choses avec grâce; etl’incurable engouement du public pour cette bran-che subalterne de l’art fut une tentation à laquelleles artistes de premier ordre ne résistèrent pas tou-jours.
On devine sans peine par quelle famille cette sé-duisante innovation fut le plus encouragée. Il seforma, pour l’embellissement de la demeure des