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l’art CHRÉTIEN.
qualités guerrières dans cette république qui avaitproscrit l’aristocratie militaire.
Cependant, il faut être juste envers ce premieressai dans un genre alors tout nouveau, qui deman-dait, pour être cultivé avec quelque succès, une con-naissance assez avancée des lois de la perspective, àcause de la diversité des plans sur lesquels devaientse mouvoir les groupes de cavaliers. Il y a des dé-tails admirablement rendus; la touche ne manquepas de vigueur, et il y a des portraits qui sont pleinsde caractère. Que serait-ce si ces tableaux nousavaient été conservés dans leur état primitif (i)?
Malgré le peu de verve belliqueuse que mettaitPaolo Uccello dans ce genre de compositions, ellesconvenaient mieux à son génie mécanique que lesimages de dévotion. Son malheur voulut qu’il n’enfut pas persuadé. Un jour il se mit en tète de pein-dre, en grandes dimensions, dans un tabernacle duMarché-Vieux, un groupe représentant saint Thomastouchant la plaie de Notre-Seigneur. Ce devait êtreun chef-d’œuvre qui ferait taire l’envie, et qui se-rait comme sa couronne d’immortalité. Il voulait ymontrer, dit Vasari, tout ce qu'il valait et tout cequ'il savait. U se barricadait comme pour une opé-ration mystérieuse, et à chaque question de sonami Donatello, il répondait : « Attends , et tu écr-
it) Quatre tableaux de ce genre avaient été peints par Paolo Uccello.Déjà, du temps de Vasari, ils avaient dû être restaurés par Bugiar-dini. Celui qui a été acheté pour la galerie nationale de Londres estle mieux conservé des trois qui subsistent encore.