LA RENAISSANCE ET LES MEDICIS.
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être exposé à tous les yeux, clans la première églisede Florence; mais les ordonnateurs voulaient avanttout l’économie, de sorte que, pour concilier cettevertu avec la reconnaissance nationale, on eut re-cours au talent de Paolo Uccello qui, par une ap-plication grandiose des lois de la perspective, devaitdonner à une statue équestre peinte sur le mur,l’apparence d’une statue équestre posant sur unpiédestal. Il paraît que l’illusion ne fut pas trou-vée assez complète, puisque le malheureux artistefut'condamné à voir détruire son ouvrage, et àle remplacer par un autre (i); et cette humilia-tion coïncidait avec l’inauguration du Dôme, en1436.
Paolo Uccello n’était pas seulement peintre dehéros; il s’était fait aussi peintre de batailles, ou plu-tôt peintre de chevaux portant des guerriers armésde lances. On ne saurait nier qu’il n’y ait beaucoupde naïveté dans l’ordonnancement de ses batailles,et des dispositions très-louables dans les combat-tants. Le peu d’impétuosité dans les mouvementss’explique par un rapprochement de dates. Les ta-bleaux dont je veux parler sont à peu près contem-porains de la grande victoire remportée en i 4 1 2 4 P arle duc de Milan sur les Florentins, qui eurent apleurer la perte de trois hommes noyés dans unfossé bourbeux. Voilà quel était alors le niveau des
(1) Voir Gave, vol. I, p. 536, et la nouvelle édition de Vasari,
■vol, lllj p. 94 ( n0 ( e 2 .