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l’art chrétien.
devenue l’école dominante, grâce à la supérioritédes artistes qui la composaient, et grâce à la faveurmarquée que lui montraient les Médicis ; mais cettefaveur fut rarement mesurée sur le mérite de ceuxqui aspiraient à l’exploiter, et la préférence accordéeà certains peintres ne fut pas toujours déterminéepar le bon goût.
Cela se vit surtout dans l’espèce d’engouementdont se prit Corne de Médicis pour Paolo Uccelloet pour son ami Dello, qui furent, à proprementparler, les premiers champions du Naturalisme etdu Paganisme dans le domaine de la peinture.Paolo Uccello, comme nous l’avons déjà dit, étaitsorti de l’atelier de Ghiberti ; mais il céda bientôtaux affinités impérieuses qui l’attiraient vers Dona-tello avec lequel il fit le voyage de Padoue (i), etdont il fut l’ami jusqu’à la fin de sa longue et tristecarrière.
On semblait se défier de ses inspirations, toutesles fois qu’il s’agissait d’exécuter un tableau dedévotion. Si l’on excepte une petite Annonciationqu’on voyait jadis dans l’église de Sainte-Marie-Majeure, Yasari ne cite pas une seule image de laVierge qui ait été tracée par son pinceau. Il en futde même de l’image du Christ, et de toutes cellesqui demandaient de la grandeur ou de la puretédans les types. S’il obtint parfois la préférence pour
(1) Il n’y peignit aucun tableau d’église, mais seulement des géantsdans un palais. Il n’en reste plus aucun vestige.