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l’art chrétien.
absolu que Vasari a cru devoir garder sur lui. Il estimpossible que ses peintures ne fixent pas l’attentiondu voyageur, puisqu’elles sont sur la façade duBigallo, à côté du baptistère et du Dôme. L’artistey avait représenté un épisode important de l’histoireFlorentine, la croisade de 1290 contre lesPatérins,prêchée par saint Pierre martyr, qui est représentéremettant le gonfalon de la foi aux capitaines deSainte-Marie , société de volontaires qui appar-tenaient presque tous à des familles nobles, et quidemandaient à marcher contre les hérétiques. Outrela bénédiction et la distribution des drapeaux pourla guerre sainte, il peignit un miracle de saint Pierrequi confond un démon sous la forme d’un chevalailé, en présence d’un nombreux auditoire d’hom-mes et de femmes dent les airs de tête et les expres-sions animées contrastent admirablement avec lecalme et la confiance du saint prédicateur. Onn’admire pas moins l’humilité monacale de sonjeune acolyte, ainsi que la gravité et la fermeté dugroupe d’hommes revêtus de leur pesante ar-mure (1).
A l’intérieur, on voit un autre tableau où il est
(I) C’est Rumohr qui a réhabilité la mémoire de Chelini, ainsi queses ouvrages, dont il a du reste exagéré la valeur. La déposition decroix qui est dans la sacristie de Saint-Remi, et qu’il lui attribue, estd'une très-médiocre exécution. Les peintures du Bigallo sont un peumeilleures, mais c’est surtout par le sujet qu’elles sont intéressantes.Une bonne partie de cet ouvrage a été détruite ; il fut terminé en 14if,un an après la mort de Masaccio. Ce rapprochement suffit pour mettrel’infériorité de Chelini dans tout son jour.