LA RENAISSANCE ET LES MÉDICIS. 325
si magnifique à 1 extérieur, ait été poursuivie par unesorte de fatalité en ce qui concerne sa décoration in-térieure. Dans un siècle si riche en grands artistes,on donnait la préférence sur eux tous à un LorenzoBicci, en attendant que le vulgaire ciseau deBaccioBandinelli fût chargé de décorer le chœur, et que lepinceau non moins vulgaire de Yasari vînt déshono-rer la coupole par les peintures qu’on y voit encoreaujoud’hui!
Lorenzo Bicci fut un peu mieux inspiré dans lafresque qu’il exécuta sur la façade de l’église deSanta-Maria-Nuova, et cet ouvrage est justementregardé comme le meilleur de ceux qu’il fit à Flo-rence. Il est vrai que presque tous les autres ontété détruits, sans doute par suite du discrédit danslequel ils tombèrent, après que la révolution pro-duite par la nouvelle école se fut raffermie. Ce-pendant les traditions dont il fut le médiocre, maishonnête représentant, subsistèrent encore dans safamille pendant deux générations, et l’on peut voirdans la galerie des Uffizj et surtout à l’Académiedes beaux-arts, à quel point son petit-fils Neri diBicci était resté fidèle à la manière de son respec-table aïeul (i).
Outre ces deux champions du vieux style, nousciterons encore Chelini, qui ne méritait pas le silence
(1) Vasari a commis une foule d’erreurs dans la biographie deLorenzo Bicci. Né vers 1350, et non en 1400, il mourut non en 1450,mais en 4427; enfin Neri di Bicci ne fut pas son fils, mais son petit-fils, et il étudia sous Benozzo Gozzoli.